Cyberharcèlement

La gestion du cyberharcèlement

Le harcèlement scolaire est un phénomène de société qu’il ne faut pas négliger et qui existe dans toutes les écoles sans exception. Si l’on veut lutter contre celui-ci, nous devons être conscients de cette situation.

Pour ce qui est du cyberharcèlement en particulier, il faut savoir que, en temps normal, il représente un pourcentage important des formes de harcèlement mais ce n’est pas la forme la plus répandue. Ceci dit, ce type de harcèlement produit un effet amplificateur. En effet, les modes plus classiques se produisent d’habitude uniquement à l’école. Avec le virtuel, le jeune est en constante pression et peut avoir l’impression que le phénomène ne le laisse jamais en paix car il dépasse les heures scolaires. De plus, la trop grande facilité de propagation peut faire qu’un souci relativement limité prend des proportions beaucoup trop importantes. Il faut ajouter que, à l’heure actuelle, la situation particulière de la crise sanitaire présente des risques que le phénomène s’accroit puisque les jeunes utilisent encore plus que d’habitude les réseaux sociaux.

L’approche du harcèlement scolaire et celle du cyberharcèlement doit être une approche globale. En effet, n’agir que sur l’aspect virtuel du harcèlement ne permettra pas de régler le problème en profondeur. Cependant, lorsque le harcèlement implique les réseaux sociaux, certaines actions doivent être menées en particulier. Mais il faut d’abord distinguer deux aspects différents du cyberharcèlement : le harcèlement via messages personnels et le harcèlement via les groupes dans les réseaux sociaux. Dans le cas de l’échange en messages personnels, nous nous trouvons dans une situation similaire à un échange verbal avec un petit avantage pour la gestion de celui-ci : la possibilité de prendre des captures d’écran pour avoir des preuves matérielles. Si le phénomène touche les groupes dans les réseaux sociaux, il faut alors agir très rapidement car il y a un risque de propagation exponentielle. Il est très important d’éviter le phénomène de la bulle virtuelle qui peut causer des dégâts importants. Nous devons dans ce cas agir très vite, chaque heure passée compte. Nous convoquons individuellement toutes les personnes impliquées, de manière négative ou positive. Le but est de comprendre l’origine de la situation et les acteurs. La plupart du temps, il s’agit d’un conflit et le but est de sortir les acteurs du conflit de la bulle virtuelle et leur donner l’occasion de s’exprimer et de régler le différend par des méthodes plus efficaces (très souvent par une confrontation en réel gérée par un adulte régulateur). Une fois le différend réglé, il faut également demander aux acteurs de le signaler sur les réseaux. Il est important également d’identifier des personnes qui sont proches de la personne ciblée par le cyberharcèlement ou des personnes qui n’acceptent pas les reproches formulés et leur demander d’avoir une part active dans les éléments préjudiciables qui circulent sur les réseaux : leur demander de réagir en manifestant clairement leur désaccord sur les réseaux, en indiquant clairement que certains commentaires sont blessants… C’est le principe du débuzz. En effet, les commentaires blessants, diffamatoires, humiliants circulent tant qu’ils ne rencontrent pas d’opposition car de nombreux jeunes qui suivent le mouvement ne font que « jouer » à surenchérir et seront vite refroidis s’il y a opposition. De cette manière, la bulle peut éclater aussi rapidement qu’elle est apparue. Nous travaillons beaucoup dans ce sens au niveau de l’ARNO et nous avons déjà pu éviter des situations qui auraient pu avoir des conséquences très dommageables. Nous sommes très vigilants et nous faisons le nécessaire pour créer un climat de confiance et de dialogue avec les élèves qui permet d’obtenir plus facilement des informations sur les faits qui se produisent dans les réseaux sociaux. Nous comptons beaucoup sur l’implication des jeunes. Ce sont eux qui sont les acteurs sur les réseaux sociaux et qui peuvent agir de manière très bénéfique. Ils connaissent beaucoup mieux que les adultes les réseaux et sont de plus en plus sensibles aux risques de ceux-ci. Nous avons pu constater qu’ils sont de plus en plus nombreux à avoir des gestes responsables et des moyens de protection efficaces comme les captures d’écran et les blocages de comptes. Notre tâche consiste également à les conscientiser sur les conséquences de certaines actions et sur la dimension légale : c’est le cas par exemple du droit à l’image et de la conscientisation sur les risques de l’utilisation de photos d’autrui, détournées ou non, sans l’accord de la personne concernée.

Le travail de responsabilisation des jeunes est la clé dans la gestion du harcèlement et du cyberharcèlement en particulier.

M. Le Proviseur,

E. BILLION